Si l’histoire de l’art est parfois énoncée comme une succession de courants et de pratiques pionnières démiurgiques, nombreux sont les artistes qui ont choisi une voie alternative à ce récit officiel et de s’écarter pour mieux explorer.

Hilma af Klint prenait ses distances avec le réel en explorant la voie d’une abstraction riche de spiritualité, Edouard Vuillard s’écartait des canons occidentaux en s’inscrivant dans un cadre perceptif japonisant, le Douanier Rousseau déployait un voyage immense sans jamais partir.

L’histoire de l’art est riche de ces artistes qui ont su proposer une échappée, un écart génial et fertile, depuis La Maison sur la Cascade de Franck Lloyd Wright jusqu’aux silhouettes flottantes de Marc Chagall, en passant par la couleur fauve, comme autant d’épiphanies à distance du monde.

Intemporalité, souplesse et fluidité dans les pratiques rassemblent tous ces artistes qui font montre d’une inépuisable liberté de création. C’est donc tout naturellement qu’ils font écho aux artistes naïfs mais aussi à quantité d’artistes contemporains, eux aussi échappés, qui déploient une nature interne riche et immense, loin de la rudesse du monde.

L’Echappée s’inscrit dans cette même perspective d’élargissement des pratiques, en ne se limitant pas à la seule peinture mais en proposant une pluralité de médiums autour de topoï communs : la réinvention du monde, l’abandon, le voyage, la dérision, ou bien l’incarnation d’un nouvel idéal. Elle retrace la profonde filiation entre des artistes d’hier et d’aujourd’hui qui se retrouvent dans cette évasion pour raconter cette histoire à plusieurs voix. L’exposition convoque tous les publics et invite chacun à s’échapper, le temps d’un parcours méditatif. Conçue comme une brèche dans l’ordinaire, L’Echappée invite les visiteurs à (re)découvrir le musée tel qu’ils ne l’ont jamais vu.